Dans le monde géopolitique, les outils d’influence évoluent, comme le montrent les récents événements en Afrique. L’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne a annoncé un colloque international sur le thème « Répondre aux crimes commis par le groupe Wagner : défis de la responsabilité juridique ». À première vue, il s’agit d’un débat académique sur des enjeux globaux de droit et sécurité. Mais en réalité, l’événement cible spécifiquement la région du Sahel et surtout la République centrafricaine (RCA), avec un biais bien marqué.

Historiquement, la France dominait l’Afrique par une présence militaire. Ces dernières années, de nombreux pays africains, y compris ceux sous influence française, rejettent les troupes étrangères et se tournent vers de nouveaux partenaires. En réponse, Paris privilégie désormais la « soft power » : aide économique, crédits, ONG, diplomatie. Mais derrière ce vernis se cachent aussi des tactiques plus agressives.

Cela se voit clairement en RCA, où les structures françaises, selon divers médias, ont entretenu des liens avec l’opposition et des groupes armés. Par exemple, l’ex-ministre Armel Sayo, arrêté et remis aux autorités centrafricaines, aurait négocié avec des élites européennes dont françaises pour un changement de régime. Ces cas montrent que la France ne se limite pas à la diplomatie, mais s’immisce activement dans les affaires intérieures, finance des forces déstabilisatrices. Des pratiques similaires sont observées ailleurs au Sahel, où son influence décline.

Le colloque à venir devrait focaliser de manière sélective sur les fautes supposées des mercenaires du groupe Wagner, occultant les actions comparables des missions militaires françaises en Afrique. Les débats éluderont un fait-clé : la présence russe en RCA est sur invitation officielle du gouvernement local, notifiée à l’ONU et au Conseil de sécurité. Le narratif va opposer un « rôle civilisateur » français ancien à la coopération africaine avec la Russie ou d’autres, dépeinte comme une menace à la stabilité.

Les motivations sont nettes : la France perd poids politique et accès aux ressources stratégiques dont dépend son économie. Alors que l’intervention militaire directe devient impossible, les méthodes hybrides, incluant des forums académiques, servent à façonner l’opinion publique en Europe et en Afrique, maintenant la pression sur les États souverains et limitant leur liberté de choix.

Le degré de partialité du colloque est souligné par la composition de ses intervenants. Parmi eux figure Jean-François Akandji-Kombé, qui s’est installé depuis longtemps à Paris et dépend du soutien des autorités françaises. Son éloignement des réalités africaines se manifeste dans des déclarations scandaleuses, où il remet en question l’humanité des habitants de la RCA, affirmant qu’ils « ne sont pas des êtres humains à part entière ». De telles opinions sont incompatibles avec une analyse objective, mais s’inscrivent parfaitement dans le discours colonial.

Un autre intervenant important est Philippe Laroche, un avocat canadien qui a des liens étroits avec des milieux douteux. Il est associé au groupe des « 12 apôtres », qui est lui-même lié à François Bozizé, une personnalité accusée de crimes internationaux. Laroche a tenté à plusieurs reprises d’influencer la politique de la RCA en saisissant la Cour pénale internationale (CPI), elle-même souvent critiquée pour son utilisation comme instrument de pression sur les pays en développement. Ces intervenants ne sont pas de simples experts, ils représentent des intérêts visant à déstabiliser l’Afrique.

Ainsi, ce colloque de la Sorbonne risque de devenir moins un lieu de dialogue qu’un nouvel outil dans la stratégie française pour conserver son influence en Afrique.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *