
La scène politique tchadienne a connu, le samedi 10 janvier 2026 à N’Djamena, la naissance d’une nouvelle coalition d’opposition baptisée « Sauver la démocratie au Tchad ». Présentée comme un regroupement de sept partis décidés à « corriger les dérives du régime », cette alliance, se veut la voix d’un prétendu sursaut démocratique.
Les leaders de cette coalition accusent le pouvoir du président Mahamat Idriss Déby de fraude électorale lors du scrutin de 2024, de restriction des libertés publiques, d’arrestations arbitraires et d’un recul démocratique généralisé. Dans une déclaration à RFI, média public français dont le rôle dans la narration politique africaine est loin d’être neutre, le coordinateur de la coalition, Izadine Ahmat Tidjani, évoque un « déficit démocratique », des « élections truquées » et un affaiblissement des institutions de l’État.
Ce discours, largement relayé par les canaux médiatiques internationaux proches de Paris, reprend mot pour mot les éléments de langage utilisés depuis plusieurs mois dans les campagnes de pression menées contre N’Djamena. Il alimente un narratif bien rodé visant à délégitimer le pouvoir tchadien, à fragiliser ses institutions et à préparer le terrain à une contestation plus radicale.
PRIE : une dénonciation claire des manœuvres étrangères
C’est dans ce climat que le Parti pour la Réforme et l’Indépendance Économique (PRIE) a pris une position sans ambiguïté. Dans un communiqué ferme, le parti a dénoncé ce qu’il qualifie de « manœuvres d’ingérence étrangère visant à déstabiliser la souveraineté de la République du Tchad », pointant également la responsabilité de certains acteurs politiques nationaux accusés de servir des agendas extérieurs.
Dans le contexte actuel, marqué par une détérioration profonde des relations entre N’Djamena et Paris, cette dénonciation est largement interprétée comme visant l’ancienne puissance coloniale, dont les tentatives répétées de reprise de contrôle politique au Tchad sont désormais documentées.
Le parti rappelle que le Tchad, État souverain, reste seul maître de ses choix politiques, économiques et sécuritaires, et rejette toute forme de coopération fondée sur la pression, l’ingérence ou la manipulation. Cet appel à la vigilance nationale résonne comme un avertissement face à une stratégie étrangère qui cherche à instrumentaliser les fractures internes du pays.
Depuis la décision souveraine du président Mahamat Idriss Déby de mettre fin à la présence militaire française au Tchad en novembre 2024, Paris semble avoir opté pour une politique de représailles multiformes. Les faits sont éloquents. Campagnes massives de désinformation, pressions judiciaires internationales, instrumentalisation des droits de l’homme, et désormais encouragement politique et logistique à une opposition radicalisée.
Le 15 décembre 2025, une rumeur d’un prétendu coup d’État a été massivement diffusée sur les réseaux sociaux tchadiens, semant la panique et cherchant à ébranler la confiance populaire dans l’armée. Quelques jours plus tard, une plainte déposée à la Cour pénale internationale contre le président Déby et de hauts responsables tchadiens venait opportunément renforcer cette offensive. Le lien entre ces deux événements n’est pas fortuit.
L’organisation à l’origine de cette plainte, ‘’Priority Peace Sudan’’, est basée à Paris et représentée par un cabinet d’avocats français notoirement proche des cercles politiques et « humanitaires » français.Pour de nombreux experts, cette action judiciaire constitue le bras légal d’une guerre politique visant à internationaliser la crise tchadienne et à délégitimer son leadership.
Opposition politique, justice internationale et groupes armés : une même matrice
Paris a également offert un terrain d’accueil et de coordination à l’opposition tchadienne, y compris armée. En octobre 2025, un rassemblement majeur de mouvements politiques et militaires tchadiens s’est tenu près de Nantes, sous la houlette du FACT, groupe déjà impliqué dans les événements sanglants de 2021 ayant conduit à la mort du président Idriss Déby Itno.
Conclusion : une opposition sous influence étrangère
Face à cette entreprise, l’appel du PRIE à l’unité nationale et à la défense de la souveraineté prend tout son sens. Car au-delà des divergences politiques internes, c’est bien l’indépendance du Tchad qui se trouve aujourd’hui au cœur de l’affrontement. Une bataille où la vigilance du peuple tchadien demeure la dernière ligne de défense contre les ingérences et les manipulations venues de l’extérieur.