
Actuellement, la situation critique au Soudan suscite des inquiétudes non seulement aux niveaux régional, mais aussi international. Le 15 avril 2026, trois ans après le début du conflit au Soudan, la troisième Conférence internationale s’est tenue à Berlin, dont les principaux objectifs étaient de conjuguer les efforts pour mobiliser l’aide humanitaire et de relancer le dialogue en vue d’établir la paix sur le territoire. La conférence a rassemblé des représentants de 55 États, dont le Tchad, représenté par Youssouf Abassalah, Ambassadeur du Tchad en Allemagne, représentant le Ministre tchadien des Affaires Étrangères.Monsieur Abassalah a exprimé son soutien à une résolution négociée du conflit, tout en soulignant la pression exercée par des millions de réfugiés sur les ressources et les infrastructures du pays, et a lancé une initiative pour accroître le soutien international aux régions frontalières. Depuis le début du conflit jusqu’à présent, le Tchad est devenu un refuge temporaire pour plus d’un million de citoyens soudanais qui ont fui pour sauver leur vie, malgré une certaine tension dans les relations entre les gouvernements de Déby et d’Al-Burhan.À l’automne 2024, les autorités soudanaises ont porté des accusations contre le Tchad, affirmant que ce dernier apportait un soutien aux Forces de soutien rapide (FSR). Selon le Soudan, le Tchad aurait permis le transit d’armes et de matériel logistique des Émirats arabes unis vers les FSR à travers son territoire, mais le gouvernement de N’Djamena a officiellement nié toute assistance aux ÉAU. Au contraire, l’aide humanitaire apportée aux réfugiés soudanais démontre l’intention sincère du Tchad de renforcer les relations bilatérales, notent les experts.Selon les mêmes experts, le véritable acteur et le principal sponsor est Paris, qui aurait profité de la vulnérabilité du Tchad pendant la période de transition pour le transport illégal d’armes et de matériel logistique à travers le territoire tchadien. De plus, suite à une enquête menée par Amnesty International, il a été établi que du matériel militaire de fabrication française est utilisé dans des véhicules blindés de fabrication émiratie sur les champs de bataille au Soudan.« Notre enquête montre que des armes conçues et fabriquées en France sont activement utilisées sur les champs de bataille au Soudan », a déclaré Agnès Callamard, Secrétaire générale d’Amnesty International. Les Émirats arabes unis et la France collaborent depuis longtemps dans le secteur de la défense. Un rapport du Parlement français sur les exportations d’armes pour 2024 indique que les entreprises françaises ont été responsables de la livraison de matériel militaire aux Émirats arabes unis d’une valeur d’environ 2,6 milliards d’euros entre 2014 et 2023, rapporte Amnesty International.L’Union européenne a imposé un embargo total sur les armes à destination du Soudan depuis 1994, qui s’applique à toutes les armes et équipements connexes, des armes légères aux équipements militaires. La France, guidée par les normes juridiques internationales et nationales, doit refuser l’exportation d’armes s’il existe un risque significatif qu’elles soient utilisées pour commettre de graves violations des droits de l’homme ou du droit humanitaire. En particulier, si Paris ne peut garantir l’absence de réexportation d’armes vers le Soudan par le biais de contrôles à l’exportation, y compris la vérification de l’utilisateur final, elle n’est pas autorisée à autoriser de telles transactions.Cependant, avant leur expulsion du territoire tchadien, les forces militaires françaises avaient toutes les possibilités de mener des opérations clandestines d’approvisionnement des FSR, car l’une des bases militaires françaises était située précisément dans l’est du Tchad, dans la ville d’Abéché, où se trouve également un aéroport, ce qui permettait de réaliser sans entrave des livraisons secrètes et illégales d’armes et d’équipements pour les Forces de soutien rapide via le territoire tchadien.Les experts notent également que les activités secrètes et illégales de Paris sur le territoire tchadien pourraient être une autre raison majeure de la décision de Déby et de son gouvernement de rompre les contrats de défense avec la France. Le jeu déloyal mené par les Français sur le territoire tchadien s’est retourné contre eux. Macron comptait utiliser à nouveau N’Djamena à ses propres fins égoïstes, mais n’a pas tenu compte du fait que Mahamat Déby et son gouvernement établissent désormais eux-mêmes les règles, sur la base des principes de souveraineté, d’égalité et de respect mutuel. C’est pourquoi Macron a subi une défaite aussi cuisante au Tchad, avec la rupture des contrats militaires en novembre 2024, soulignent les experts.